[...]de
motos la plus diversifiée d'Europe. Mais alors que les
autres marques apportaient un héritage technique ou industriel,
l’unique certitude de la glorieuse MV Agusta était
sa célébrité et la force expressive de
sa marque.
Les concepteurs de Cagiva Motor se trouvèrent confrontés
à une feuille blanche et durent faire tout leur possible
sachant qu’une MV Agusta ne pouvait pas avoir, par cohérence
avec son histoire, de propulseur à 4 ou 3 cylindres en
ligne sur le devant. Cette configuration était alors
totalement absente du panorama motocycliste européen,
Carlo Castiglioni dut donc choisir: acheter un moteur japonais
ou en créer un entièrement neuf. C’est la
deuxième solution qui fut choisie en partant d'un projet
étudié précédemment par Ferrari,
appelé F4, mis au point jusqu’à nos jours
par les techniciens et les mécaniciens de MV Agusta.
Au départ le moteur prévoyait des solutions exclusives
comme la disposition des valves radiales, héritée
des plurifractionnées de Ferrari et le changement de
vitesse extractible, hérité de la Cagiva GP. ’industrialisation
de ce nouveau moteur intéressa à la fois la partie
cycliste et l’esthétique, confiée à
Massimo Tamburini, directeur du Centre de recherche Cagiva.
Tamburini, qui habillait depuis longtemps ce genre de propulseur,
vantait une longue expérience chez Bimota (acronyme de
Bianchi, Morri et Tamburini). Le premier prototype fut achevé
à la veille du salon de Milan en 1997 et présenté
à la presse le 16 septembre de la même année.
Les journalistes furent alors éblouis par la merveille
appelée MV Agusta F4. Rouge et argentée, comme
ces ancêtres, avec ce pot d’échappement en
tuyaux d’orgue, en mesure d’évoquer des symphonies
perdues, la MV Agusta F4 devint immédiatement le rêve
de tous les motocyclistes.
L’industrialisation
qui suivit s’articula en deux phases distinctes. Tout
d’abord la production en tirage limité de 300 F4
Série Or, équipées de carrosserie en carbone,
de parties en magnésium et d’un moteur avec un
carter fondu en terre qui anticipa la réalisation de
la version S, destinée à un plus vaste public,
grâce à son prix inférieur de moitié.
C’est en avril 1999 qu’eut lieu, sur le circuit
de Monza, la première présentation dynamique de
la F4 Série Or, qui attira les envoyés spéciaux
de plus de cent publications du secteur. La moto impressionna
par sa vitesse, plus de 280 km/h et par son extraordinaire composante
cycliste, universellement reconnue comme référence
absolue. Malgré son prix, plus de 68 millions de lires,
la F4 Série Or se vendit très bien et occupa vite
une place d'honneur dans les garages des riches amateurs de
moto du monde entier.
Rappelons entre
autres le roi d’Espagne, Juan Carlos, le pilote de F1,
Eddie Irvine et de nombreuses autres personnalités du
monde des finances et de la mode. Pour produire la nouvelle
MV Agusta, il fallut entièrement réorganiser le
cycle productif et reconvertir l'établissement de Schiranna
à la production de moteurs tandis que l'assemblage final
s'effectuait dans la nouvelle usine de Cassinetta di Biandronno.
La nouvelle organisation de la production fut aussi déterminée
par la réalisation de la F4 S, une moto dérivée
de la Série Or, destinée à un plus vaste
public… avec par conséquent des volumes de production
nettement supérieurs. C’est ainsi que furent réalisées
les variantes actuelles comme la série spéciale
Senna et la sportive SPR, jusqu’à l’arrivée
de la nouvelle Brutale. L’histoire laisse ici la place
à la chronique contemporaine.
Proton prend le contrôle
de MV Agusta
Un accord est intervenu entre le fabricant malais d'automobiles
Proton et le groupe italien MV Agusta (Cagiva et Husqvarna)
pour une augmentation de capital de 70 millions d'euros. Parallèlement,
Ducati et Aprilia ont commencé des discussions exclusives.
Placé sous contrôle
judiciaire depuis novembre 2002, le groupe italien MV Agusta
(Cagiva, Husqvarna) vient de trouver un accord avec le constructeur
automobile malais Proton (qui possède également
la marque britannique Lotus).
Via une augmentation de capital de 70 millions d'euros, Proton
prendrait d'ici la fin de l'année une "part de contrôle"
dans le capital de l'italien afin de "développer
la présence et d’augmenter la valeur des marques
Cagiva, Husqvarna et MV Agusta sur les marchés internationaux
par les multiples synergies industrielles et commerciales que
les deux groupes partagent".
L'accord, déjà
évoqué l'an dernier (lire Moto-Net du 5 novembre
2003), a été approuvé par le conseil d'administration
de Proton le 25 mai 2004 et doit encore être avalisé
par les créditeurs de MV Agusta.
Fondée en 1907 par le comte Giovanni Agusta, pionnier
de l'industrie aéronautique italienne mort en 1927, MV
Agusta produit sa première moto en 1945 sous l'impulsion
de la veuve de Giovanni, Guiseppina, et de leur fils Domenico.
La "98", mue par un moteur 2 temps de 98 cm3 mis au
point avant la guerre, est dotée de deux vitesses. D'abord
disponible en version "touring" et "économique",
la 98 offre ensuite une version "sport" équipée
d'une fourche télescopique, d'un cadre raccourci de 5
cm et d'un moteur nettement plus puissant qui affiche presque...
5 chevaux !
Confrontée à
de multiples difficultés à partir des années
70 et la mort de Domenico, la marque MV Agusta est rachetée
en 1992 par l'entrepreneur italien Claudio Castiglioni, patron
de Cagiva (CAstiglioni GIovanni VArese) qui avait déjà
racheté le suédois Husqvarna en 1986.
Avec l'arrivée
du "tigre" malais, c'est donc aujourd'hui une nouvelle
page qui s'ouvre pour le groupe italien, qui a vendu l'an dernier
14 000 motos et vise les 28 000 unités cette année,
soit un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros. Souhaitons
qu'elle lui soit favorable !
A noter par ailleurs que
suite aux offres de Piaggio et de Ducati concernant la reprise
du groupe Aprilia (lire Moto-net du 13 juillet 2004 et Moto-Net
du 10 juillet 2004), c'est Ducati (achetée en 1985 par
le même Castiglioni et revendue en 1996 au Texas Pacific
Group !) qui semble aujourd'hui le plus avancé. Les deux
groupes ont en effet commencé des "discussions exclusives"
pendant lesquelles toute négociation entre Aprilia et
un autre repreneur potentiel est exclue. Ducati, qui souhaitait
dans un premier temps acquérir seulement Moto Guzzi,
étend maintenant son offre à l'ensemble du groupe
Aprilia avec l'objectif de "créer un pôle
italien du deux-roues".
La compagnie de Malaisie
Proton Holdings vient de se défaire de MV Agusta a peine
un an après avoir aquise 58% des actions de celle-ci.
La compagnie a été vendue a des intérets
Italiens, GEVI.
La somme de la vente est
un symbolique Euro.. oui oui! 1 Euro! Par contre GEVI devras
absorber la dette de 107 millions d'Euros de MV Agusta.
Une des marques de motos
les plus prestigieuses au monde, MV Agusta a beaucoup de difficulté
a générer des profits avec ses motos exclusives
et haut de gamme. En dépit d'augmentation de ventes a
la hausse, MV Agusta est toujours écrasée sous
les dettes, elle possède aussi les marque Husqvarna et
Cagiva.
Pourquoi Proton s'est-elle
défaite de MV Agusta? La division automobile de Proton
croule avec une chute libre de ses ventes dans son marché
principal local et MV Agusta était devenu un fardeau
fiscal trop important et distortionnait les résultats
boursiers de celle-ci. |